{"id":1826,"date":"2025-02-05T11:54:21","date_gmt":"2025-02-05T10:54:21","guid":{"rendered":"https:\/\/www.ull.es\/portal\/noticias\/2025\/02\/05\/psicologia-contra-maltrato-animal-2\/"},"modified":"2026-10-26T08:35:53","modified_gmt":"2026-10-26T07:35:53","slug":"psicologia-contra-maltrato-animal-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.ull.es\/portal\/noticias\/fr\/2025\/02\/05\/psicologia-contra-maltrato-animal-2\/","title":{"rendered":"La psychologie contre la maltraitance animale"},"content":{"rendered":"<p>Les humains et les animaux coexistent depuis la nuit des temps. Aujourd&#039;hui, cette coexistence semble s&#039;\u00eatre am\u00e9lior\u00e9e, notamment gr\u00e2ce \u00e0 la multiplication des \u00e9levages et des animaux de compagnie. Les esp\u00e8ces prot\u00e9g\u00e9es sont \u00e9galement plus accessibles gr\u00e2ce \u00e0 des activit\u00e9s comme le tourisme animalier et les documentaires animaliers.<\/p>\n<p>Cependant, la relation entre les humains et les animaux n&#039;est pas toujours respectueuse, et la maltraitance animale continue de se manifester sous diverses formes\u00a0: pratiques culturelles telles que la corrida, les combats de coqs et les combats de chiens\u00a0; traditions ancr\u00e9es dans l&#039;ethnographie qui impliquent parfois l&#039;humiliation de certaines esp\u00e8ces, comme les p\u00e8lerinages et le tra\u00eenage de b\u00e9tail\u00a0; activit\u00e9s abusives envers le b\u00e9tail\u00a0; exploitation touristique de certaines esp\u00e8ces\u00a0; et le maintien en captivit\u00e9 des animaux hors de leur milieu naturel.<\/p>\n<p>Les propri\u00e9taires d&#039;animaux peuvent aussi se livrer \u00e0 des mauvais traitements motiv\u00e9s par l&#039;utilitarisme, comme c&#039;est le cas des chasseurs qui pendent ou abandonnent des l\u00e9vriers et des podencos lorsqu&#039;ils ne leur sont plus utiles, ou tout simplement par pure cruaut\u00e9, comme les personnes qui prennent plaisir \u00e0 faire souffrir leurs animaux de compagnie.<\/p>\n<p>En septembre 2024, le bureau du procureur g\u00e9n\u00e9ral de l&#039;\u00c9tat a publi\u00e9 son rapport annuel 2023 sur tous les types de crimes, y compris ceux portant atteinte \u00e0 l&#039;environnement. Sur les 2\u00a0799 enqu\u00eates ouvertes, 246 concernaient des actes de maltraitance animale. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment, dans le cadre de la violence domestique, 1\u00a0389 crimes contre des animaux de compagnie ont fait l&#039;objet de poursuites\u00a0; 1\u00a0327 ont abouti \u00e0 une mise en accusation, mais seulement 256 \u00e0 une condamnation.<\/p>\n<p>Ces chiffres ne tiennent pas compte des cas non d\u00e9clar\u00e9s, car ils sont inconnus des autorit\u00e9s, ce qui laisse supposer que l&#039;ampleur du probl\u00e8me est probablement plus importante. Il convient \u00e9galement d&#039;y ajouter le taux d&#039;abandon \u00e9lev\u00e9 qui, selon une \u00e9tude de la Fondation Affinity, a atteint\u2026 <a href=\"https:\/\/www.fundacion-affinity.org\/es\/estudio-abandono-y-adopcion\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">286 000 chiens et chats<\/a> qui ont fini dans des refuges pour animaux cette ann\u00e9e-l\u00e0.<\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s s&#039;efforcent de lutter contre ce probl\u00e8me et, sans aucun doute, l&#039;une des \u00e9tapes les plus importantes a \u00e9t\u00e9 l&#039;approbation de <a href=\"https:\/\/www.boe.es\/diario_boe\/txt.php?id=BOE-A-2023-7936\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Loi 7\/2023<\/a> La loi, visant \u00e0 prot\u00e9ger les droits et le bien-\u00eatre des animaux, instaure une s\u00e9rie de mesures telles que la formation obligatoire des propri\u00e9taires d&#039;animaux de compagnie, la limitation du temps pass\u00e9 seul \u00e0 domicile par un animal et des sanctions plus s\u00e9v\u00e8res pour les personnes maltraitant les animaux. Elle n&#039;est cependant pas sans susciter la controverse car, bien qu&#039;elle repr\u00e9sente une am\u00e9lioration par rapport \u00e0 la r\u00e9glementation pr\u00e9c\u00e9dente, elle laisse sans protection, entre autres, les animaux utilis\u00e9s pour la tauromachie, la recherche scientifique, l&#039;\u00e9levage et la faune sauvage.<\/p>\n<p>Cependant, la r\u00e9solution d&#039;un tel probl\u00e8me ne saurait se limiter \u00e0 la seule l\u00e9gislation. Comme pour d&#039;autres probl\u00e8mes sociaux, la pr\u00e9vention par l&#039;\u00e9ducation et les interventions aupr\u00e8s des auteurs de violences, visant \u00e0 les aider \u00e0 abandonner ces pratiques, figurent parmi les outils d&#039;intervention les plus importants. Mais il est \u00e9galement possible d&#039;influencer l&#039;opinion publique afin d&#039;encourager une r\u00e9action face aux violences, tant pour les pr\u00e9venir que pour les \u00e9radiquer. C&#039;est pr\u00e9cis\u00e9ment l&#039;objectif d&#039;un projet de recherche men\u00e9 par une \u00e9quipe de l&#039;Universit\u00e9 de La Laguna, financ\u00e9 par le minist\u00e8re de la Science, de l&#039;Innovation et des Universit\u00e9s, et qui est actuellement \u00e0 mi-parcours de sa p\u00e9riode de financement de quatre ans.<\/p>\n<div id=\"attachment_80047\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.ull.es\/portal\/noticias\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/Ana-Martin-y-equipo-15.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-80047\" class=\"wp-image-80047 size-medium\" src=\"https:\/\/www.ull.es\/portal\/noticias\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/Ana-Martin-y-equipo-15-300x200.jpg\" alt=\"Ana M. Mart\u00edn.\" width=\"300\" height=\"200\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-80047\" class=\"wp-caption-text\">Ana M. Mart\u00edn.<\/p><\/div>\n<p><strong>R\u00e9action sociale aux abus<\/strong><\/p>\n<p>Le projet \u201c Variables psycho-environnementales impliqu\u00e9es dans la pr\u00e9occupation sociale et le comportement envers la maltraitance animale (ANICARE) \u201d est coordonn\u00e9 par le professeur de psychologie sociale de l&#039;Universit\u00e9 de La Laguna. <a href=\"https:\/\/portalciencia.ull.es\/investigadores\/80978\/detalle\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Ana Mar\u00eda Mart\u00edn<\/a>, et cela implique des chercheurs issus de diff\u00e9rentes sp\u00e9cialit\u00e9s de la psychologie, comme la psychologie l\u00e9gale, dans ce cas et dans le cas de <a href=\"https:\/\/portalciencia.ull.es\/investigadores\/278656\/detalle\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Andrea Vera<\/a>, la psychologie environnementale dans le <a href=\"https:\/\/portalciencia.ull.es\/investigadores\/81004\/detalle\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Bernardo Hern\u00e1ndez<\/a>, <a href=\"https:\/\/portalciencia.ull.es\/investigadores\/81561\/detalle\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Christian Rosales<\/a> y <a href=\"https:\/\/portalciencia.ull.es\/investigadores\/82046\/detalle\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Cristina Ruiz<\/a>, ainsi que les m\u00e9thodologies des sciences comportementales dans le <a href=\"https:\/\/portalciencia.ull.es\/investigadores\/81854\/detalle\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Stephanie Hess Medler<\/a>.<\/p>\n<p>Comme l&#039;explique la note de synth\u00e8se du projet, son objectif est d&#039;\u00e9tudier la maltraitance animale en tant que crime environnemental, en examinant notamment les variables susceptibles d&#039;expliquer une part significative de la r\u00e9action sociale qu&#039;elle suscite. Des recherches ant\u00e9rieures ont permis de mieux comprendre la perception des crimes environnementaux en g\u00e9n\u00e9ral et les facteurs influen\u00e7ant le respect des lois environnementales, mais elles n&#039;ont pas analys\u00e9 les facteurs qui incitent les citoyens \u00e0 confronter les contrevenants, \u00e0 signaler ces infractions aux autorit\u00e9s et \u00e0 collaborer \u00e0 leur contr\u00f4le et \u00e0 leur pr\u00e9vention.<\/p>\n<p>\u201c Notre id\u00e9e est qu\u2019il existe une prise de conscience sociale et que les gens r\u00e9agissent \u00e0 ce comportement. Ceux qui commettent des abus sont une minorit\u00e9, nous pr\u00e9f\u00e9rons donc travailler \u00e0 promouvoir les comportements positifs plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 pers\u00e9cuter ceux qui adoptent des comportements n\u00e9gatifs \u201d, explique Ana Mar\u00eda Mart\u00edn.<\/p>\n<p>L&#039;objectif ultime de ce projet est donc de concevoir des programmes d&#039;intervention visant \u00e0 sensibiliser le public. Pour ce faire, la premi\u00e8re \u00e9tape consiste \u00e0 bien comprendre comment les gens r\u00e9agissent face \u00e0 certaines situations de maltraitance animale. \u201c Nous pensons que l&#039;\u00e9radication des comportements n\u00e9fastes ne doit pas toujours reposer sur la peur, les menaces et le recours aux forces de l&#039;ordre, mais plut\u00f4t sur la persuasion. Il serait plus efficace de faire en sorte que chacun soit convaincu que les animaux ne doivent pas \u00eatre maltrait\u00e9s et que, si nous sommes t\u00e9moins d&#039;un acte de maltraitance, nous intervenions pour y mettre fin. \u201d C&#039;est pourquoi le projet se concentre moins sur les cas de bestialit\u00e9, de psychopathie ou de cruaut\u00e9 extr\u00eame, car ils sont rares dans la soci\u00e9t\u00e9, et davantage sur les comportements qui nuisent aux animaux et qui sont plus ou moins socialement accept\u00e9s.<\/p>\n<p>La question est complexe car la notion m\u00eame de maltraitance est floue. \u201c Nous sommes indign\u00e9s lorsqu&#039;un chat ou un chien est maltrait\u00e9, mais nous comprenons parfaitement qu&#039;on abatte un cochon et qu&#039;on le mange. La distinction entre ce qui est et ce qui n&#039;est pas de la maltraitance est culturelle. Pourquoi est-il mal de maltraiter une vache, mais pas d&#039;organiser une corrida\u00a0? C&#039;est pourquoi, plut\u00f4t que d&#039;\u00e9tudier le psychopathe agresseur, nous pr\u00e9f\u00e9rons nous concentrer sur les comportements humains en g\u00e9n\u00e9ral. \u201d.<\/p>\n<div id=\"attachment_80048\" style=\"width: 210px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/www.ull.es\/portal\/noticias\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/Ana-Martin-y-equipo-22.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-80048\" class=\"wp-image-80048 size-medium\" src=\"https:\/\/www.ull.es\/portal\/noticias\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/Ana-Martin-y-equipo-22-200x300.jpg\" alt=\"Bernardo Hern\u00e1ndez.\" width=\"200\" height=\"300\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-80048\" class=\"wp-caption-text\">Bernardo Hern\u00e1ndez.<\/p><\/div>\n<p><strong>Un type de crime environnemental<\/strong><\/p>\n<p>Ce projet fait suite \u00e0 des travaux ant\u00e9rieurs de ce groupe, ax\u00e9s sur les crimes environnementaux. Ces \u00e9tudes ont montr\u00e9 que les r\u00e9actions du public diff\u00e9raient selon qu&#039;il s&#039;agissait d&#039;animaux ou non. \u201c\u00a0L&#039;un des sc\u00e9narios \u00e9tudi\u00e9s consistait \u00e0 abattre un faucon cr\u00e9cerelle. Nous avons constat\u00e9 que, compar\u00e9e \u00e0 la r\u00e9action suscit\u00e9e par d&#039;autres types de crimes environnementaux, cette action provoquait une indignation plus forte\u00a0; le public la consid\u00e9rait comme plus grave. De m\u00eame, nous avons observ\u00e9 que les d\u00e9versements en mer, qui affectent la vie marine, suscitaient \u00e9galement une vive condamnation.\u00a0\u201d.<\/p>\n<p>D&#039;un point de vue psychosocial, il est bien connu que les gens cat\u00e9gorisent les animaux et ne per\u00e7oivent pas un animal domestique de la m\u00eame mani\u00e8re qu&#039;un animal prot\u00e9g\u00e9 ou un animal \u00e9lev\u00e9 pour la consommation humaine. Il a donc sembl\u00e9 pertinent d&#039;\u00e9largir la recherche en prenant \u00e9galement en compte les variables psycho-environnementales qui encouragent les comportements favorables aux diff\u00e9rentes esp\u00e8ces animales. \u201c Nous avons commenc\u00e9 par \u00e9tudier les comportements pro-environnementaux et les relations positives avec l&#039;environnement. Nous nous sommes ensuite int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la criminalit\u00e9 environnementale et, dans ce domaine, nous \u00e9tudions maintenant la maltraitance animale \u201d, r\u00e9sume Bernardo Hern\u00e1ndez.<\/p>\n<p>Alors que l&#039;\u00e9quipe envisageait de se concentrer exclusivement sur la maltraitance animale, des modifications l\u00e9gislatives ont n\u00e9cessit\u00e9 une r\u00e9orientation du projet\u00a0: en 2021, le droit civil a \u00e9t\u00e9 amend\u00e9, requalifiant les animaux de biens en \u00eatres sensibles\u00a0; et le Code p\u00e9nal a \u00e9largi la d\u00e9finition de la maltraitance pour inclure non seulement les esp\u00e8ces prot\u00e9g\u00e9es, mais aussi les animaux domestiques et d&#039;\u00e9levage. \u00c0 cela s&#039;ajoute la loi de 2023 mentionn\u00e9e pr\u00e9c\u00e9demment, ce qui signifie que tous ces changements ont conduit \u00e0 criminaliser des actes qui n&#039;\u00e9taient auparavant pas consid\u00e9r\u00e9s comme des infractions. Par cons\u00e9quent, le projet de recherche a d\u00fb \u00eatre adapt\u00e9 \u00e0 ces \u00e9volutions.<\/p>\n<div id=\"attachment_80049\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/www.ull.es\/portal\/noticias\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/Ana-Martin-y-equipo-34.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-80049\" class=\"wp-image-80049 size-medium\" src=\"https:\/\/www.ull.es\/portal\/noticias\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/Ana-Martin-y-equipo-34-300x200.jpg\" alt=\"Cristina Ruiz y Andrea Vera.\" width=\"300\" height=\"200\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-80049\" class=\"wp-caption-text\">Cristina Ruiz et Andrea Vera.<\/p><\/div>\n<p><strong>Quatre \u00e9tudes<\/strong><\/p>\n<p>Ce projet vise \u00e0 \u00e9valuer les dimensions psycho-environnementales qui d\u00e9terminent la perception de la maltraitance animale, en tenant compte de facteurs tels que la perception de la l\u00e9gitimit\u00e9 de l&#039;autorit\u00e9 et des lois, les attitudes envers l&#039;environnement et d&#039;autres caract\u00e9ristiques personnelles. Une fois l&#039;impact de ces facteurs d\u00e9termin\u00e9, le projet formulera des interventions fond\u00e9es sur des donn\u00e9es scientifiques. Ces objectifs seront atteints gr\u00e2ce \u00e0 quatre \u00e9tudes successives, qui permettront de recueillir les informations n\u00e9cessaires sur chacune de ces dimensions avant d&#039;\u00e9laborer des propositions d&#039;intervention.<\/p>\n<p>\u201c Nous avons d\u00e9j\u00e0 men\u00e9 \u00e0 bien les deux premi\u00e8res \u00e9tudes et nous collectons actuellement des donn\u00e9es pour la troisi\u00e8me. Nous souhaiterions \u00e9galement r\u00e9aliser d&#039;autres recherches compl\u00e9mentaires. Parmi nos observateurs ind\u00e9pendants figurent l&#039;Ordre des v\u00e9t\u00e9rinaires de Santa Cruz de Tenerife et les services environnementaux du Conseil insulaire de Tenerife et du gouvernement des \u00eeles Canaries. Nous souhaitons ainsi contribuer \u00e0 l&#039;\u00e9laboration de r\u00e9sultats utiles aux politiques sociales. \u201d.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Cristina Ruiz ajoute que l&#039;objectif est de comprendre comment les attitudes envers les animaux, le sentiment de connexion avec la nature et le lien entre l&#039;empathie envers les humains et l&#039;empathie envers la nature influencent la perception de la maltraitance animale. \u201c En fin de compte, nous cherchons \u00e0 identifier les leviers \u00e0 actionner pour faire \u00e9voluer les comportements. C&#039;est pourquoi nous \u00e9tudions diff\u00e9rents types de variables jusqu&#039;\u00e0 identifier les plus importantes. D&#039;abord, les attitudes, puis les normes personnelles et sociales et les obligations morales. \u201d.<\/p>\n<p>Dans les deux premi\u00e8res \u00e9tudes, un questionnaire a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 pr\u00e9sentant des sc\u00e9narios li\u00e9s \u00e0 des infractions environnementales typiques, comme les d\u00e9p\u00f4ts sauvages et la maltraitance animale. Ces sc\u00e9narios, con\u00e7us sp\u00e9cifiquement pour le questionnaire, s&#039;appuyaient sur des informations r\u00e9elles recueillies dans la presse \u2013 un travail de recherche minutieux men\u00e9 par l&#039;\u00e9quipe et constituant l&#039;une des phases initiales du projet. \u201c Nous souhaitons conna\u00eetre l&#039;opinion publique, et les m\u00e9dias ont tendance \u00e0 pr\u00e9senter des cas plus familiers au grand public. \u201d Bien que l&#039;int\u00e9gration d&#039;informations provenant des r\u00e9seaux sociaux ne soit pas exclue pour le moment, elle a \u00e9t\u00e9 initialement \u00e9cart\u00e9e car certains segments de la population, en raison de leur \u00e2ge ou de leur d\u00e9sint\u00e9r\u00eat pour les technologies de communication, n&#039;acc\u00e8dent pas \u00e0 ces plateformes.<\/p>\n<p>Andrea Vera explique que, dans la premi\u00e8re \u00e9tude, outre des sc\u00e9narios de d\u00e9versement ill\u00e9gal, des sc\u00e9narios relevant des trois cat\u00e9gories reconnues par la l\u00e9gislation (animaux domestiques, d&#039;\u00e9levage et prot\u00e9g\u00e9s) ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s afin de d\u00e9terminer s&#039;il existait des diff\u00e9rences de perception. \u201c Effectivement, il y en a. On peut diff\u00e9rencier la perception de la maltraitance animale de celle des autres types de crimes environnementaux. Les diff\u00e9rences observ\u00e9es montrent que les r\u00e9actions sont plus n\u00e9gatives concernant le crime de maltraitance animale en g\u00e9n\u00e9ral, en particulier envers les animaux domestiques, ce qui correspond \u00e0 notre hypoth\u00e8se. Nous avons \u00e9galement constat\u00e9 comment certaines variables de personnalit\u00e9, comme l&#039;empathie envers la nature, influencent cette perception. \u201d.<\/p>\n<p>La seconde \u00e9tude analyse comment certaines variables en pr\u00e9c\u00e8dent d&#039;autres, menant \u00e0 la r\u00e9action finale face aux abus. Dans un premier temps, les normes descriptives, qui refl\u00e8tent les comportements de chacun, ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es. \u201c C&#039;est tr\u00e8s important car, souvent, nous n&#039;agissons pas comme nous le devrions, mais plut\u00f4t comme les autres. Par cons\u00e9quent, les normes prescriptives sont \u00e9galement importantes, car elles d\u00e9crivent comment les actions des individus et des groupes qui servent de mod\u00e8les et qui comptent pour les autres les influencent. Tout cela pr\u00e9c\u00e8de ce que nous int\u00e9riorisons comme norme personnelle et conduit \u00e0 la motivation d&#039;agir \u2013 en l&#039;occurrence, l&#039;obligation morale. C&#039;est cette obligation morale qui, en fin de compte, d\u00e9clenche la r\u00e9action face aux abus \u201d, explique Cristina Ruiz.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me \u00e9tude portera sur une s\u00e9rie de variables comportementales encore inexplor\u00e9es en lien avec la maltraitance animale, telles que le rapport \u00e0 la nature, la l\u00e9gitimit\u00e9 per\u00e7ue des autorit\u00e9s charg\u00e9es de l&#039;application de la loi et la motivation \u00e0 agir positivement pour l&#039;environnement. Jusqu&#039;\u00e0 pr\u00e9sent, les \u00e9tudes se sont concentr\u00e9es sur la population des \u00eeles Canaries, mais gr\u00e2ce \u00e0 l&#039;introduction de questionnaires en ligne, les r\u00e9ponses de personnes d&#039;autres r\u00e9gions seront \u00e9galement prises en compte lors des phases ult\u00e9rieures, permettant ainsi une participation plus diversifi\u00e9e. Les deux premi\u00e8res \u00e9tudes ont chacune recueilli environ 600 r\u00e9ponses, et ce nombre devrait augmenter pour les deux suivantes.<\/p>\n<p>La quatri\u00e8me \u00e9tude s&#039;appuiera sur les donn\u00e9es recueillies lors des pr\u00e9c\u00e9dentes, en analysant l&#039;impact des variables qui se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es explicatives dans les trois \u00e9tudes ant\u00e9rieures, gr\u00e2ce \u00e0 la mise \u00e0 l&#039;\u00e9preuve d&#039;un mod\u00e8le. \u201c\u00a0De nombreuses variables sont envisageables, mais il est essentiel d&#039;\u00eatre pragmatique et de se concentrer sur les leviers d&#039;intervention possibles pour am\u00e9liorer la relation entre les animaux et les humains. Nous souhaiterions \u00e9galement \u00e9tudier le r\u00f4le de diff\u00e9rents choix alimentaires, comme le v\u00e9ganisme\u00a0\u201d, ajoute Ana M. Mart\u00edn.<\/p>\n<div id=\"attachment_80050\" style=\"width: 310px\" class=\"wp-caption alignright\"><a href=\"https:\/\/www.ull.es\/portal\/noticias\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/Ana-Martin-y-equipo-30.jpg\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-80050\" class=\"wp-image-80050 size-medium\" src=\"https:\/\/www.ull.es\/portal\/noticias\/wp-content\/uploads\/sites\/2\/2026\/10\/Ana-Martin-y-equipo-30-300x200.jpg\" alt=\"Andrea Vera, Christian Rosales y Stephany Hess.\" width=\"300\" height=\"200\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-80050\" class=\"wp-caption-text\">Andrea Vera, Christian Rosales et Stephany Hess.<\/p><\/div>\n<p><strong>Mod\u00e8le d&#039;intervention<\/strong><\/p>\n<p>Comme le r\u00e9sume Bernardo Hern\u00e1ndez, le projet part du principe que la r\u00e9action du public face \u00e0 la maltraitance animale d\u00e9pend de la perception des trois cat\u00e9gories d&#039;animaux reconnues par la loi, ainsi que des variables psychologiques et psycho-environnementales identifi\u00e9es par la recherche. Il pr\u00e9cise\u00a0: \u201c\u00a0Bien que le projet soit men\u00e9 aux \u00eeles Canaries, nous supposons que les r\u00e9sultats et le mod\u00e8le qui en d\u00e9coule seront valables pour l&#039;ensemble de la population. Il peut exister des diff\u00e9rences de perception de la maltraitance, par exemple entre les personnes vivant en zone rurale ou urbaine, ou dans les r\u00e9gions o\u00f9 la chasse ou la tauromachie sont profond\u00e9ment ancr\u00e9es, mais le mod\u00e8le restera n\u00e9anmoins applicable \u00e0 toute l&#039;Espagne.\u00a0\u201d.<\/p>\n<p>Ana M. Mart\u00edn d\u00e9veloppe cette id\u00e9e, expliquant que le groupe s&#039;efforce d&#039;\u00e9laborer un \u201c mod\u00e8le parcimonieux \u201d, c&#039;est-\u00e0-dire un mod\u00e8le aussi simple que possible, ax\u00e9 sur l&#039;essentiel et ne retenant que les variables n\u00e9cessaires \u00e0 son efficacit\u00e9. \u201c Nous int\u00e9grons \u00e9galement une perspective de genre car, en psychologie environnementale, il est manifeste que les femmes ont une attitude plus positive envers l&#039;environnement, et nos positions environnementales se manifestent diff\u00e9remment de celles des hommes. De m\u00eame, en psychologie l\u00e9gale, on observe toujours une pr\u00e9dominance masculine parmi les d\u00e9linquants, car nous sommes socialis\u00e9s \u00e0 \u00eatre plus conformes aux normes sociales. Il est essentiel de comprendre ces diff\u00e9rences afin d&#039;en tenir compte lors de nos interventions. \u201d.<\/p>\n<p>Quant aux possibilit\u00e9s d&#039;intervention, elles sont nombreuses. Par exemple, si les \u00e9tudes men\u00e9es dans le cadre du projet confirment que la cr\u00e9dibilit\u00e9 et la fiabilit\u00e9 accord\u00e9es aux autorit\u00e9s constituent l&#039;une des variables expliquant la r\u00e9action du public face \u00e0 la maltraitance animale, une action possible consisterait \u00e0 informer la soci\u00e9t\u00e9 que les institutions agissent, qu&#039;elles l&#039;ont fait par le pass\u00e9 et qu&#039;elles sont fiables.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce aux donn\u00e9es recueillies sur le lien affectif avec les animaux, des activit\u00e9s pourraient \u00eatre mises en place pour encourager le contact avec eux, comme des visites d&#039;exploitations agricoles pour d\u00e9couvrir leur environnement. Une autre piste serait de lutter contre le sp\u00e9cisme, c&#039;est-\u00e0-dire la croyance en la sup\u00e9riorit\u00e9 de l&#039;\u00eatre humain et, par cons\u00e9quent, en la domination des autres esp\u00e8ces.<\/p>\n<p><strong>Actions fond\u00e9es sur des preuves<\/strong><\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, l\u2019objectif est de fournir des donn\u00e9es fiables sur les comportements cibl\u00e9s par l\u2019intervention afin de concevoir des strat\u00e9gies efficaces. Car, comme le souligne Ana M. Mart\u00edn, les institutions devraient tenir compte des donn\u00e9es scientifiques lors de l\u2019\u00e9laboration des politiques sociales, en utilisant des instruments et des pratiques fond\u00e9s sur des preuves scientifiques \u2013 ce qui, selon elle, n\u2019est pas le cas actuellement\u00a0: \u201c\u00a0Il semble y avoir un d\u00e9calage entre les universit\u00e9s publiques, les connaissances que nous, scientifiques qui y travaillons, poss\u00e9dons, et les actions concr\u00e8tes des administrations publiques.\u00a0\u201d.<\/p>\n<p>Ainsi, de nombreuses campagnes marketing visant \u00e0 sensibiliser le public \u00e0 certaines probl\u00e9matiques ont \u00e9chou\u00e9 car leurs responsables ont agi en se basant sur leur \u201c bon sens \u201d et des st\u00e9r\u00e9otypes. Comme l&#039;explique Cristina Ruiz\u00a0: \u201c\u00a0Si la campagne ne tient pas compte des variables dont l&#039;efficacit\u00e9 pour modifier ce comportement a \u00e9t\u00e9 scientifiquement prouv\u00e9e, elle est inefficace.\u00a0\u201d.<\/p>\n<p>\u00c0 cet \u00e9gard, Christian Rosales souligne que, par exemple, \u201c les campagnes de lutte contre le changement climatique s&#039;appuient souvent sur des images n\u00e9gatives de l&#039;environnement, alors m\u00eame que la litt\u00e9rature et la recherche scientifique d\u00e9montrent le contraire\u00a0: plus les images sont positives, plus elles incitent les gens \u00e0 agir. Nous tenons \u00e9galement \u00e0 insister sur le fait que nous ne devons pas agir en fonction de croyances ou de traditions, mais plut\u00f4t sur la base de donn\u00e9es. En ce sens, le mod\u00e8le que nous souhaitons tester nous permettrait de d\u00e9terminer comment et dans quelle direction intervenir. \u201d.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\"><strong>Bureau des communications<\/strong><\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les humains et les animaux coexistent depuis le d\u00e9but de l&#039;histoire. 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