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La ULL participa en un estudio sobre la influencia del clima y la biogeografía en las comunidades amazigh en Canarias

lundi 04 de août de 2025 - 11:12 CEST

Le chercheur Rosa Fregel Lorenzo, du département de génétique de l'Université de La Laguna, participe à une étude qui analyse les trajectoires démographiques des communautés amazighes, peuples d'origine berbère qui ont habité l'archipel des Canaries entre le Ier et le XVe siècle après J.-C. article Publié dans Scientific Reports, cet article offre une perspective unique sur la manière dont les facteurs environnementaux, tels que les fluctuations climatiques et la biogéographie, ont influencé l'évolution démographique de ces communautés, soulignant le rôle crucial de la diversité environnementale et de l'adaptabilité agricole pour faire face au changement climatique.

Les résultats apportent des données précieuses sur ces sociétés et leurs interactions avec leur environnement. L'étude, menée par le chercheur Jonathan Santana de l'Université de Las Palmas de Gran Canaria, offre de nouvelles perspectives sur les dynamiques qui ont façonné les trajectoires démographiques diverses des populations amazighes des différentes îles de l'archipel, suggérant des liens possibles entre les tendances démographiques et les facteurs environnementaux.

D'après les auteurs, la combinaison de données archéologiques détaillées et de données paléoclimatiques de l'Holocène récent, qui s'étend d'environ 4 200 ans à nos jours, peut nous aider à mieux comprendre comment des changements climatiques et environnementaux rapides ont engendré des transformations sociales, politiques et culturelles au sein des sociétés humaines. Ils soulignent également que cette interaction entre le climat et les sociétés humaines est particulièrement marquée sur les îles océaniques, où l'isolement et l'existence de niches écologiques limitées créent des environnements uniques.

Cette étude a adopté une approche multidimensionnelle pour explorer les relations entre la biogéographie insulaire, la diversité génétique des différents groupes ethniques présents, les fluctuations climatiques et les tendances démographiques sur la longue période analysée. À cette fin, les résultats de datation au radiocarbone ont été analysés comme indicateurs de la taille des populations.

Cette approche repose sur le principe que les populations plus importantes ont tendance à laisser davantage de vestiges culturels, ce qui se traduit par un plus grand nombre d'échantillons sur les sites archéologiques. Les fluctuations observées peuvent donc être interprétées comme révélatrices de différentes phases d'expansion et de contraction démographiques. Cette approche n'avait pas été largement utilisée dans des études similaires menées aux îles Canaries.

En utilisant la datation au radiocarbone comme indicateur de la taille de la population, la recherche met en évidence une relation réciproque entre les tendances démographiques et les facteurs environnementaux, soulignant comment les phases climatiques influencent des aspects tels que la productivité agricole et les modes d'établissement.

L'une des principales conclusions des chercheurs est que la diversité biogéographique de Tenerife et de Grande Canarie a favorisé une croissance démographique plus soutenue, tandis que les îles présentant une moindre diversité agricole ont subi un impact plus important. Pour les chercheurs, cela démontre le rôle fondamental de la diversification agricole dans l'accroissement de la résilience des populations face aux changements environnementaux, ce qui, en retour, a favorisé l'expansion démographique.

Cette étude, menée en collaboration avec des chercheurs des universités de Burgos, Málaga et Linköping (Suède), souligne que la période d'occupation des îles Canaries par les populations amazighes offre une opportunité unique d'étudier le lien entre démographie et fluctuations climatiques rapides au cours des deux derniers millénaires de l'Holocène récent. Les spécialistes précisent que ces communautés agricoles se sont installées sur des îles à l'écologie diversifiée, ce qui a engendré une hétérogénéité significative entre les populations en termes de structure sociale, de taille et de stratégies de subsistance.

Malgré la résilience dont ces communautés ont fait preuve pour surmonter les défis posés par les changements environnementaux au fil des siècles, l'arrivée des Européens aux XIVe et XVe siècles après J.-C. a marqué un tournant dans leur histoire, déclenchant finalement l'effondrement des sociétés indigènes des îles Canaries.

Unité Culture scientifique et innovation (Cienci@ULL)


Classé sous : Biochimie, microbiologie, biologie cellulaire et génétique, Départements, Remarquable, Enquête, Couverture intégrale