Ce projet vise à fournir des données sur les conditions contextuelles impliquées dans le traitement des stimuli anxiogènes chez les personnes souffrant de phobies spécifiques. Les données de neuroimagerie confirment l'existence de deux voies de traitement des stimuli phobiques. D'une part, la voie courte/non consciente, qui implique une connexion directe thalamo-amygdalienne ; d'autre part, la voie longue/consciente, avec des connexions thalamo-cortex sensoriel plus complexes et l'association cortex entorhinal-hippocampe-subiculo-amygdalienne. Les deux voies produisent la réponse émotionnelle aux stimuli phobiques, mais l'existence de cette seconde voie pourrait avoir des implications importantes pour la conceptualisation des phobies et les processus thérapeutiques. À cet égard, la voie longue, de par sa nature plus réflexive, pourrait renforcer l'efficacité des techniques d'exposition aux stimuli anxiogènes, grâce à une meilleure désactivation des stimuli et à une plus grande efficacité de l'auto-apprentissage. Dans cette optique, l'objectif est de comprendre les facteurs favorisant l'émergence de la voie consciente, afin d'optimiser l'efficacité de l'approche thérapeutique. Plus précisément, ce projet vise à déterminer, en prenant comme critère les phobies des petits animaux (cafards, araignées, lézards et rats), si l'émergence de cette voie consciente est liée à la nature des stimuli (images réelles vs images virtuelles) et/ou à leur intensité (proximité du stimulus et nombre de petits animaux) ; et si elle est liée à des facteurs contextuels tels que le recours à des auto-instructions ou à des techniques de désactivation (respiration diaphragmatique). Il s'agira également d'examiner l'existence éventuelle d'un profil de personnalité prédisposant à l'activation ou à la non-activation de cette voie. Le dispositif expérimental sera un plan factoriel 3x2x2, avec deux variables indépendantes (VI) inter-sujets et une intra-sujet : le type de ressource thérapeutique utilisée (respiration diaphragmatique, auto-instructions adaptatives et absence de ressource). La nature de la présentation des stimuli phobiques (vidéos réelles ou vidéos d'images virtuelles) et leur intensité (élevée ou faible, en fonction de la proximité et du nombre de petits animaux) constitueront une variable indépendante intra-sujet. Pour l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), les stimuli phobiques seront présentés aléatoirement à tous les participants (selon la phobie) : un petit animal phobique en gros plan, un animal phobique à distance, trois animaux phobiques en gros plan et trois animaux phobiques à distance. Les groupes seront composés de 20 personnes souffrant de phobies spécifiques des petits animaux, pour un échantillon total de 120 participants. On s'attend à ce qu'une intensité de stimulation faible mais suffisante (faible), une stimulation moins immersive (stimuli virtuels) et le recours à des auto-instructions et à des exercices de respiration favorisent l'émergence de la voie consciente. Selon la théorie du traitement émotionnel de la peur, l'identification de ces conditions pourrait optimiser l'efficacité des thérapies basées sur les techniques d'exposition.