La surveillance acoustique passive est une méthode prometteuse pour étudier l'abondance et la distribution d'espèces visuellement discrètes mais vocalement actives, telles que les baleines à bec (Marques et al. 2009, Ward et al. 2011). Cependant, l'estimation de la densité animale par acoustique passive nécessite des informations sur plusieurs facteurs multiplicateurs, notamment la fréquence d'émission des signaux, la proportion de faux positifs/négatifs et le nombre d'individus détectés acoustiquement au sein d'un groupe (voir la synthèse de Marques et al. 2013). Compte tenu de la faible fréquence de rencontre des baleines à bec en mer, l'obtention d'estimations précises de ces facteurs multiplicateurs peut s'avérer longue et coûteuse. El Hierro, aux îles Canaries, abrite des populations permanentes de baleines à bec de Cuvier et de Blainville (Ziphius cavirostris et Mesoplodon densirostris, respectivement) à proximité immédiate des côtes. Il est possible ici de surveiller la présence des baleines dans une baie profonde fréquentée quotidiennement par les baleines à bec, grâce à l'utilisation de jumelles à fort grossissement depuis une falaise élevée afin d'optimiser les chances de détection visuelle. Comme cela a déjà été démontré dans le cadre d'un projet NOPP (Johnson, 2008), ce site offre une opportunité unique de calibrer les techniques de détection acoustique et visuelle des baleines à bec. Nous proposons de tirer parti des méthodes développées et des données recueillies dans le cadre du programme NOPP pour obtenir les paramètres clés nécessaires à l'estimation de la densité acoustique des baleines à bec. Plus précisément, nous allons :