L'objectif principal de ce projet est de fournir un cadre d'étude de la gestion des risques liés aux invasions biologiques. L'impact de ces invasions est bien connu et peut être exacerbé par les changements globaux que connaît actuellement la planète. La gestion d'une espèce invasive dépendra de l'espèce elle-même, des conditions qui ont favorisé son implantation et de la perception qu'en a le public au moment de son établissement.
Ulex europaeus (L.), une espèce invasive présente dans le monde entier en dehors de son aire de répartition naturelle en Europe, a été choisie comme espèce modèle. Cette espèce et sa distribution aux îles Canaries, limitée à l'île de Tenerife, serviront de modèle spécifique pour une analyse des risques, car sur cette île, l'espèce n'est présente que dans quelques populations et aucun individu naturalisé n'a été détecté sur les autres îles de l'archipel. Cependant, dans certaines régions de Nouvelle-Zélande et à La Réunion, U. europaeus présente les caractéristiques d'une espèce invasive qui supplante la flore indigène. C'est pourquoi cette espèce a été choisie : une compréhension approfondie de son statut et de son écologie permettra de déterminer son potentiel invasif sur l'île de Tenerife.
D'une part, des semences provenant d'individus de différentes régions d'origine (Nouvelle-Zélande, La Réunion et les îles Canaries) seront utilisées pour mener des études comparatives dans différentes conditions environnementales, et pour déterminer quel groupe de ces populations d'origines différentes est le plus favorisé dans les différents gradients environnementaux auxquels elles seront confrontées.
Par ailleurs, une étude démographique de l'espèce sera menée à Tenerife. Ce travail, réalisé à l'aide de modèles de système d'information géobotanique, permettra également d'élaborer des modèles de distribution potentielle pour l'espèce, contribuant ainsi à une meilleure compréhension de son aire de répartition et à l'identification des zones prioritaires pour les efforts de contrôle.
Une étude sociologique de la perception du public concernant l'espèce sera menée dans les zones de Tenerife où elle est en expansion ou où des populations stables existent, auprès de la population locale, mais aussi des gestionnaires et techniciens des aires naturelles protégées. La perception du risque sera évaluée au moyen d'enquêtes spécifiques. Grâce à ces informations, nous espérons pouvoir déterminer le risque que représente l'espèce à l'aide d'un modèle numérique prédictif. La détection précoce et les techniques efficaces de gestion et d'éradication décrites dans la littérature nous permettront de l'éradiquer de l'île, en commençant par les populations les plus proches des aires naturelles protégées.